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L’économie informelle a son remède

Diversions. C'est un fléau affublé de plusieurs noms. «Trabendo», marché noir, économie souterraine, marché parallèle ou économie informelle sont autant de synonymes pour désigner un seul et même mal qui ronge le pays et son peuple depuis trois décennies. Tout a commencé au début des années 90 du siècle dernier. Avec l'instauration du «pluralisme politique» qui n'était rien d'autre que le synonyme de la démocratie. Une «ouverture» du champ politique à qui était collé un «binôme» puisqu'à la même époque c'était aussi «l'ouverture» économique. Une pléthore de synonymes utilisés par la gouvernance de l'époque pour, disait-on, ne pas heurter les esprits forgés dans la pensée unique et l'économie dirigée. Une sorte de «transition» avant d'appeler le chat par son nom. Ou plutôt les deux «chats» qui étaient la démocratie et l'économie libérale. Pendant que le champ politique était envahi par une prolifération de sigles de «sensibilités» politiques différentes (on n'osait pas encore dire partis politiques) et que le champ de l'information (ce n'était pas encore l'ère des médias) était pris d'assaut par «l'aventure intellectuelle» qui s'illustrait par la création de dizaines et de dizaines de journaux en tous genres, personne n'avait réellement mesuré la véritable portée d'un phénomène naissant, celui des porteurs de cabas. C'est ainsi que débuta l'import-import (sans l'export à ce jour) dans notre pays. C'est ainsi aussi que les premiers «hommes d'affaires» ont vu le jour. Ils étaient à la tête de réseaux de porteurs de cabas (tous des jeunes). Ensuite et avec le temps tout s'emballa. Beaucoup de jeunes se sont mis à leurs comptes dans l'import tandis que leurs mentors se sont emparés de la «grande distribution». Pas de super ou hypermarchés, mais l'approvisionnement de tous les commerces de détail du pays. Le tout sans réglementation ni contrôle dans un pays surpris par le vent planétaire de la «glasnost» et de la «perestroïka» de Gorbatchev. Un vent transformé en tornade avec la chute du mur de Berlin qui a suivi. C'est dans cette euphorie mondiale qui n'a évidemment pas épargné l'Algérie, que l'économie informelle a fait ses premiers pas dans notre pays. Aujourd'hui et trois décennies après, elle est toujours là. On est passé du cabas au conteneur. L'informel a tellement pris de l'ampleur qu'il représente 50% de l'économie nationale. C'est lui qui a créé la «chkara» (qui est le nerf de la guerre de la corruption). C'est lui qui fait échec au chèque. C'est lui qui dévitalise le circuit bancaire. C'est lui qui, enfin, menace toute notre économie. Et même notre façon de penser car il a beaucoup d'excroissances qui gangrènent tout le corps social. Tenant compte de notre espace, nous nous contenterons du «noyau central» de ce fléau pour aborder la thérapie (elle existe) qui nous débarrassera de ce fléau. Elle est si simple qu'on est en droit d'affirmer que comme la corruption, l'économie informelle a été adoptée en mode de gouvernance depuis 30 ans. On a vu le lien étroit entre ces deux fléaux. Il faut remonter à la source qui «irrigue» le marché parallèle pour être au coeur de la «plaie». Il y a bien sûr les produits importés et ceux que notre industrie fabrique. La douane nationale dispose de la liste des importateurs. Le fichier du registre du commerce comporte tous les opérateurs industriels. On sait avec précision qui importe la banane, par exemple, et à quelles quantités. On sait aussi qui produit quoi chez nous. On sait que l'étape suivante se passe chez des grossistes. Qui eux ventilent les produits aux détaillants. En imposant à ces trois seules étapes le système de facturation, on peut tarir la source de l'informel et l'obliger à rentrer dans les rangs. Il s'agit, entendons-nous bien, d'un bon système de facturation. Avec des registres cotés et paraphés au greffe du tribunal comme dans toutes les comptabilités du monde. Après le dépôt annuel des déclarations fiscales des opérateurs, il suffit que nos services des impôts connectés aux services des douanes s'intéressent de près aux ventes et aux stocks des premiers intervenants pour avoir toute la suite de la chaîne (grossistes et détaillants). Avec des logiciels adaptés, c'est un jeu d'enfant. Non seulement la fiscalité ordinaire reprendra des couleurs, mais surtout nous aurons une économie débarrassée de ses sangsues. Il faut, bien entendu, adapter la législation pour qu'elle soit plus dissuasive, sinon plus persuasive. C'est tellement simple qu'on peut éviter le recours au management étranger comme pour Seaal, l'aéroport d'Alger ou le métro. Dans le circuit de la distribution, l'organisation est plus simple. Si simple qu'il est à se demander comment et pourquoi il ne s'est pas trouvé de responsables pour la mettre en place. On a presque peur de comprendre. Plus vite la remise en ordre s'effectuera et plus vite se fera le redressement économique!

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