Repositionnement de la france sur le sahara occidental/Ahmed Attaf anime une conférence de presse
«Le plan marocain n'existe pas»
La position française vise «à consacrer le statu quo colonial en ce qui concerne la question du Sahara occidental», a affirmé Ahmed Attaf.

Le ministre des Affaires étrangères. Ahmed Attaf, qui a animé une conférence de presse sur le sujet de la collusion franco-marocaine a estimé que l'alignement de la France sur la thèse marocaine de la prétendue marocanité du Sahara occidental «participe dans l'approfondissement de l'immobilisme de la situation dans la région et affecte sérieusement le processus politique de règlement de la crise». C' est là l'une des «trois conséquences», a souligné le ministre. «Cette situation a été causée par la proposition du plan d'autonomie depuis 2007, sans que cela ne soit corroboré par une démarche et une proposition détaillée et suggérée à l'ONU», a expliqué Ahmed Attaf.
Retraçant la genèse de la position officielle de la France déclarée par le président français, Emmanuel Macron, le ministre des Affaires étrangères a révélé que «l'Algérie connaît très bien les positions de la France à l'égard de la question du Sahara occidental». Ce n'est pas un secret que d'affirmer un certain penchant de la France pour le plan d'autonomie, proposé par le Maroc en 2007. «Mais la nouveauté dans cette affaire, c'est que la position française s'appuie exclusivement sur la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental», a-t-il déclaré.
Attaf a souligné dans le même sillage que «la réponse du président de la République était catégorique et sans ambages en précisant que cette dernière position n'est pas une reproduction littérale des anciennes attitudes diplomatiques de la France». Et d'ajouter qu'«il s'agit là d'une évolution gravissime qui vise à mettre en sourdine le processus politique du règlement de la question du Sahara occidental dans le cadre des résolutions des Nations unies», a-t-il souligné.
Cette volonté de substituer la solution marocaine au droit international que suggère la position française vise «à consacrer le statu quo colonial en ce qui concerne la question du Sahara occidental», a-t-il expliqué.
Pour bien montrer la ferme position de l'Algérie par rapport à la dernière position de la France, Attaf a indiqué qu'«en aucun cas, la position de la France pourrait changer l'aspect juridique et politique de la question du Sahara occidental avec cette facilité à laquelle elle s'adonne à travers sa dernière sortie diplomatique». Attaf a été catégorique en rappelant lors de sa conférence de presse sur la question du Sahara occidental que «la cause sahraouie fait partie de la question de décolonisation que l'ONU défend et soutient avec force», a-t-il affirmé.
Sur la situation qui prévaut dans la région du Sahel, Ahmed Attaf a souligné que «l'Algérie est concernée par ce qui se déroule» dans cette région. Et de souligner qu'Alger «ne tournera aucunement le dos par rapport aux évènements qui impactent la région du Sahel».
Le ministre a exprimé la conviction de l'État algérien qui assure qu' «aucune solution militaire ne pourrait mettre un terme à la crise au Mali, seule la solution politique et pacifique entre les frères saurait dépasser les clivages et apporter des réponses concrète au Sahel en général et au Mali en particulier», a-t-il déclaré.
Il convient de souligner, enfin, que le ministre des Affaires étrangères a abordé l'évènement majeur de l'assassinat du chef du bureau politique du mouvement Hamas, Ismaïl Haniyeh en soulignant que «l'Algérie dénonce avec force et vigueur l'assassinat du chef du bureau politique du mouvement Hamas, Ismaïl Haniyeh», a signalé, le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf.
Qualifiant cet assassinat de crime abject et lâche, Ahmed Attaf a précisé que «avec cet acte, l'entité sioniste exacerbe les tensions dans la région en général et pousse vers une crise globale au Moyen-Orient», a-t-il tonné.
Quant au sujet du retrait de l'ambassadeur algérien à Paris avec effet immédiat, Attaf a réaffirmé l'attitude officielle de l'Algérie qui a été exprimée clairement lors du dernier communiqué en expliquant clairement la position de l'Algérie ainsi que les tenants et les aboutissants de cette décision.