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En visite hier à Alger, Le Drian affiche les grandes ambitions de Paris

«Ouvrons une nouvelle page»

Dans ses bagages, Le Drian repart avec l’engagement de l’Algérie de relancer les mécanismes du partenariat d’exception mais non sans la condition d’une «souplesse» dans le traitement du dossier de la mobilité des personnes.

La visite d’une journée qu’a effectuée, hier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à Alger, dans le cadre d’une concertation sur la crise libyenne, était porteuse d’un message politique fort à l’adresse de l’Etat algérien. Le chef de la diplomatie, premier responsable français à se déplacer à Alger après l’élection du président Tebboune, a affiché clairement la volonté de la France d’ouvrir «une nouvelle page» dans ses relations bilatérales avec l’Algérie et son intention de travailler désormais avec le nouveau gouvernement. «L’Algérie a connu, au cours de l’année écoulée, une phase décisive dans son histoire.
Les ambitions de la France
Nous avons en permanence, tout au long de cette période, répété toujours la même chose : c’était aux Algériens et à eux seuls de décider de leur avenir et trouver ensemble le chemin d’un dialogue démocratique, parce que cela faisait partie du respect que nous avons pour la souveraineté de l’Algérie», a soutenu le ministre français, cité par l’APS, ajoutant que «l’élection présidentielle (en Algérie) a eu lieu. Il y a désormais un nouveau gouvernement avec lequel la France veut travailler».
Le Drian est venu donc inviter l’Algérie à ouvrir une nouvelle page dans ses relations avec la France, loin de tout quiproquo sur la position de Paris durant la crise politique qu’a connue le pays. Et pour mieux appuyer la nouvelle position de l’Elysée, le ministre français a salué «l’ambition exprimée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour réformer l’Algérie en profondeur, refonder l’Etat de droit et des libertés, relancer et diversifier l’économie conformément aux aspirations exprimées par les Algériens, ainsi que son engagement à conduire le pays dans un esprit de dialogue afin que tous les Algériens puissent s’exprimer sur ces réformes». Il a aussi émis le souhait de voir le président Tebboune «réussir dans cette mission» et que la mise en œuvre de ces réformes puisse «conduire au succès de l’Algérie et des Algériens», réitérant «l’amitié de la France pour l’Algérie». Il n’a pas manqué aussi de rappeler le partenariat d’exception qui lie les deux pays en soulignant que «Nous partageons la volonté de réengager nos échanges au plus haut niveau en 2020 afin de lancer la nouvelle dynamique dans tous les secteurs de notre coopération, que ce soit la sécurité, que ce soit l’économie, la culture, la justice, l’éducation, la mobilité, la formation, nous allons reprendre nos discussions, les approfondir et leur donner une nouvelle dynamique.» Cette volonté de relancer les relations économiques bilatérales a été confirmée par Sabri Boukadoum, le chef de la diplomatie algérienne. Lors de la tenue de la conférence de presse conjointe, à la fin de l’entretien entre les deux hommes, le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum a commencé par préciser qu’il a eu à aborder avec son homologue « plusieurs dossiers intéressant les relations algéro-françaises dans divers domaines, notamment les volets économique et politique » avant d’annoncer que les deux parties avaient convenu de relancer «les différents mécanismes existants».
«L’Algérie écoutée et respectée»
Et d’ajouter que l’Algérie et la France ont décidé de relancer le Comité mixte économique franco-algérien (Comefa) ainsi que le Comité intergouvernemental de haut niveau franco-algérien (Cihn), coprésidé par les Premiers ministres des deux pays, et de poursuivre le dialogue stratégique et les concertations politiques au niveau des ministères des Affaires étrangères des deux pays. Dans le domaine économique, il a été question, selon Sabri Boukadoum, des investissements français en Algérie, ajoutant avoir perçu «une grande disposition» chez Jean-Yves. Le Drian en vue d’encourager les hommes d’affaires français à regarder l’Algérie «avec plus d’audace».
Le ministre a aussi fait savoir que l’Algérie a évoqué le dossier de la mobilité des personnes entre l’Algérie et la France qui, insiste-t-il «doit être traité du côté français avec davantage de souplesse et de flexibilité» et d’une façon qui soit à «la hauteur du niveau et du volume des relations bilatérales». Si la visite du ministre français des Affaires étrangères à Alger, a été l’occasion de relancer les relations bilatérales, elle s’inscrit aussi dans le cadre des efforts internationaux visant à résoudre la crise libyenne. Intervenant deux jours après un sommet international à Berlin sur la crise en Libye, cette visite a permis à la France et à l’Algérie de confirmer la convergence de leurs points de vue sur cette question. «Dans l’actualité internationale, et singulièrement dans l’actualité internationale régionale, nous allons avoir l’occasion d’évoquer ensemble plusieurs dossiers. Nous étions ensemble à Berlin, avant-hier, sur le conflit libyen et nous allons coordonner nos efforts, au-delà même de la mise en place d’un cessez-le-feu durable, pour recréer du dialogue politique, et nous allons agir ensemble pour que les efforts que nous avons initiés à Berlin puissent se poursuivre. Nous allons également faire le point sur la situation au Sahel, et rappeler nos objectifs communs de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Face à ces défis majeurs, et face à bien d’autres questions, la France et l’Algérie ont une convergence de vues, et notre concertation est primordiale», a affirmé Le Drian, à l’issue de son entretien avec le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, ajoutant «l’Algérie est une puissance dont la voix compte au plan international (..) C’est une puissance d’équilibre et de paix, fermement attachée au respect de la souveraineté des États et au dialogue politique. L’Algérie est écoutée et respectée, et sur ces bases-là, nous pouvons avoir ensemble une relation extrêmement forte (…)».

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