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ANNIVERSAIRE DU DÉCLENCHEMENT DE LA GUERRE DE LIBÉRATION

Sommes-nous fidèles au serment de Novembre?

«La lutte pour l'indépendance, ce fut l'épopée, l'indépendance acquise ce fut la tragédie.» Aimée Césaire

On aura tout dit de la glorieuse révolution de Novembre, qui fut en son temps, vue comme une aventure humaine qui était étudiée, décortiquée dans les universités étrangères, notamment aux Etats-Unis, pour comprendre comment à partir de rien un peuple clochardé par la colonisation, selon le mot de l'anthropologue Germaine Tillon.
La lutte pour l'indépendance de l'Algérie n'a pas commencé en 1954 ni même en 1845, elle a commencé le lendemain de l'invasion. Pendant 132 ans le peuple, car c'est de lui qu'il s'agit a lutté, physiquement, par l'art, le théâtre (souvenez-vous des pièces de théâtre de Bachtarzi (faqqou...) pour entretenir la mémoire de lutte, Pendant toute la nuit coloniale les Algériennes et les Algériens luttèrent de façon multiforme. Des autres formes de résilience du peuple algérien se montrèrent. A titre d'exemple, pendant la Première Guerre mondiale, Houari Hannani qui connut la prison et mourut de maladie, créa la chanson, Hadj Guillaume un chant d'espoir, lors de la guerre de 14, apologie de Hadj Guillaume le kaiser. Une autre chanson, qui sera par la suite dénaturée, fut la belle chanson Shab el Baroud. écrite pour répondre à l'ostentation des festivités du centenaire de la colonisation. Ensuite arrive 1954 et là c'est tout le peuple qui est moudjahid, de la simple femme de ménage qui transmet le courrier au péril de sa vie à l'ivrogne pour la bonne cause (souvenez-vous de Sidi Barrachou de Dar Sbitar) aux Algériens du milieu qui furent héroïques, (transfigurés par la révolution), aux guerriers de l'équipe du FLN menée par les Makhloufi, Bentifour, Mustapha Arribi et tant d'autres. La troupe théâtrale menée magistralement par un certain Mustapha Kateb cousin d'un autre Kateb qui n'est pas à présenter avec d'autres, il ont entretenu par le texte, la résilience du peuple algérien avec des chefs-d'oeuvre comme Nedjma, la Grande Maison, sans oublier par-dessus tout, le rôle de la femme, tout simplement mère, épouse, qui traversa la révolution en tenant intact et vaillamment pendant 132 ans le capital symbolique culturel et cultuel (l'Islam de nos pères)... C'est tout cela l'Algérie, sa révolte, ses trois mille ans d'histoire qui attendent d'être connus.
Dans le même ordre, nous reproduisons ci-dessous un excellent article de Djamel Belbey paru sur le site Memoria.dz en septembre 2012 sur le rôle, peu connu, de ceux qu'on appelle les «blouses blanches» dans la révolution.: «(...) L'activité de santé de l'organisation FLN, qui s'improvisa au départ, commença à gagner en efficacité grâce, d'une part, au schéma organisationnel adopté par le congrès de la Soummam en août 1956 et, d'autre part, à l'apport déterminant de médecins et d'étudiants en médecine qui rejoignirent le maquis à la suite de la grève de mai 1956.» Ces médecins et ces étudiants en médecine ou en pharmacie ont participé activement à la lutte, soit en s'engageant dans les rangs de l'ALN, soit en militant au FLN et, surtout, en faisant bénéficier les combattants, sur tout le territoire, de leurs compétences». (1)
«D'autres médecins, qui étaient déjà installés, à titre privé dans leurs cabinets, se sont mis au service de la cause algérienne. Il s'agit des docteurs Roche, Stoppa et Chaulet à Alger. À retenir aussi que nombre de médecins français ont partagé la cause du peuple algérien, comme c'est le cas de Sylvain Bret, futur ambassadeur d'Algérie à Cuba, de Frantz Fanon, psychiatre et militant anticolonialiste, Michel Géronimi (neurologue), Belkhodja, Michel Martini et Annette Roger (psychiatre). Il ne faut pas aussi omettre la contribution d'autres médecins étrangers, notamment syriens, tels Nouredine Atassi, Ibrahim Makhos et Zaïm. Beaucoup d'entre eux seront là après l'indépendance, ils furent les pionniers de la médecine algérienne et mirent en place un enseignement médical de qualité, notamment aidés par un corps professoral médical européen d'Algérie de haute qualité qui a accepté d'accompagner les premiers pas de l'Algérie indépendante.»

Le théâtre et le chant
Lamine Bechichi ancien ministre, a souligné le rôle des artistes algériens dans la lutte pour l'indépendance citant la troupe artistique nationale fondée en 1958 à Tunis composée alors de plusieurs figures de la culture nationale de la trempe de Mustapha Kateb, Ahmed Wahbi, Mustapha Toumi et Mohamed Bouzidi. Qui ne se souvient de Mustapha Kateb, qui fut le fer de lance du théâtre révolutionnaire algérien ou de Sid Ali Kouiret, grande figure du cinéma et du théâtre. L'expression «Ali mout Wakef» du film L'opium et le bâton, a traversé l'imaginaire de plusieurs générations et n'a pas pris une ride. En compagnie de Mohamed Boudia et Bouhired, Kouiret rejoint, en 1958, la troupe artistique créée par le FLN pour sensibiliser l'opinion internationale au combat du peuple algérien. Ahmed Cheniki écrit à propos des combattants hommes de théâtre: «Il n'est nullement imaginable qu'une lutte de libération ne s'accompagne pas d'une sorte d'encadrement artistique et littéraire. Des artistes et des écrivains s'étaient engagés dans une sorte d'écriture de témoignage et de combat. (...) De 1955 à 1957, le théâtre devenait un véritable art de combat. (...) L'Algérie était au coeur de l'entreprise dramatique. Mohamed Boudia et Mohamed Zinet qui maîtrisaient relativement bien les techniques de la scène s'illustraient par un extraordinaire dynamisme. (...). Boudia et Zinet tentaient de faire tout à la fois, de participer aux actions de la Fédération de France du FLN, d'expliquer inlassablement les objectifs du mouvement nationaliste. Ils animaient des rencontres et formaient de jeunes comédiens. (...)» (2)
«(..) De nombreux comédiens, cinéastes, chanteurs, musiciens et sportifs n'hésitèrent pas, écrit à juste titre Ahmed Cheniki, à franchir le pas et à se retrouver de l'autre côté de la barrière. Ils devenaient les porte-voix du Front de libération nationale. En 1958, au mois de février, a été officiellement créée la troupe artistique du FLN. Mustapha Kateb assurait la direction de cet ensemble qui avait pour mission de faire connaître le combat du peuple algérien et de diffuser le discours du Front (...) Elles traitaient de la lutte des Algériens pour leur indépendance. Le théâtre devenait en quelque sorte un porte-parole attitré de la révolution. (...) Les tournées dans l'ex-Urss, en Chine populaire et en Yougoslavie ainsi que dans les pays arabes participaient du projet politico-culturel du FLN. Les comédiens portaient le costume de l'Algérie combattante. (...) La direction du FLN cherchait, à travers cette expérience théâtrale, à compléter la formation politique et idéologique des militants et des combattants. (...) L'indépendance acquise, les comédiens composant cette troupe allaient constituer l'ossature centrale du nouveau Théâtre national.» (2)
Elle fut une composante importante du combat pour une visibilité de la cause de l'indépendance de l'Algérie non seulement auprès des pays amis, puisque plusieurs délégations dirigées par des personnalités importantes de la direction de la révolution sillonnèrent le monde à la recherche d'appuis d'aide logistique, mais aussi de voix qui le moment venu aux Nations unies voteraient pour l'indépendance de l'Algérie. Il est impossible de décrire le travail patient et itératif de nos ambassadeurs dans les pays amis et sensibles à la cause algérienne. L'abbé Berenguer curé de Remchi durant la guerre avait milité pour l'indépendance de son pays. Il représentera le FLN en Amérique du Sud en 1959. A Cuba, un petit «sommet Castro-Bérenguer» inquiéta tellement le général de Gaulle, alors président de la France, qu'il envoya en vain, en contrefeu à La Havane le ministre André Malraux. Il fut député à l'Assemblée nationale algérienne en 1962. «Algérien à part entière», il refusa toujours toute pension. Il fut enterré en 1996 dans sa terre natale oranaise. Dans ce cadre, il faut rendre justice à titre d'exemple, à la délégation algérienne à l'ONU où elle lutta pied à pied avec des moyens autrement plus faibles que la délégation française, mais d'une façon beaucoup plus efficace et mettant en oeuvre toutes les facilités offertes par une grande ville comme NewYork. Convaincre le sénateur John Kennedy de la justesse du combat de l'Algérie, n'était pas simple. Imposer la cause de l'Algérie et arriver en définitive à donner une visibilité, plus importante d'année en année, lors de l'inscription de la question algérienne n'était pas une mince affaire.

Le triomphe de la révolution par l'image et le son
Nous n'oublierons pas de citer l'apport du son et de l'image pour le triomphe de la révolution. Un homme, René Vautier, joua un rôle important dans cette épopée. Parmi les justes qui ont aidé les Algériens pour l'indépendance, on ne peut pas ne pas citer René Vautier, un réalisateur et scénariste français. René Vautier faisait partie d'une espèce presque complètement disparue: celle des cinéastes engagés, voyant dans le 7e art une arme de dénonciation, l'instrument d'une prise de conscience. (...) Il tourne dans les Aurès, les Némentchas, ainsi qu'à la frontière tunisienne, filmant les maquisards de l'ALN. Il décroche, en 1958, l'Ours d'argent au festival de Berlin. (...) Un jour, dans une opération, il est blessé et un bout de caméra restera à jamais planté dans sa tête. (3)
«Le grand public a pris conscience de son existence en 1972, lorsque Avoir vingt ans dans les Aurès a été présenté à Cannes, à la Semaine de la critique. Le film racontait la désertion d'un soldat français en Algérie qui refusait l'exécution sommaire d'un prisonnier algérien. En Tunisie il tourne deux courts métrages avant de gagner l'Algérie, aux côtés de maquis du FLN. Il y tourne deux documentaires, Une nation, l'Algérie, aujourd'hui perdu et L'Algérie en flammes. Cette collaboration lui vaut d'être poursuivi par les autorités françaises et René Vautier reste en exil jusqu'en 1966. Des maquis des révolutionnaires algériens, jusqu'à la création du Centre audiovisuel d'Alger et de Ciné-Pop après la libération du pays, l'Algérie a marqué à jamais la vie d'homme et de cinéaste de René Vautier. Considéré à juste titre comme le père du cinéma algérien, il est nommé directeur du Centre audiovisuel d'Alger (de 1962 à 1965). René Vautier chantant Min Djibalina, dans une des archives du JT de l'Entv, un moment de grande émotion à faire pleurer. (4)

La diplomatie algérienne ne fut pas en reste
Nous devons garder du FLN historique que l'héroïsme de chacun pendant la révolution. A côté des glorieux combattants qui ont tout quitté, affronté la mort, qui dans les maquis, qui dans les prisons et la guillotine, qui dans le monde diplomatique où - à titre d'exemple - le travail de toutes et tous ces combattants était remarquable.» il y eut un FLN multi facette qui, en sept ans et demi d'un conflit sanglant, a marqué le monde au point que des thèses un peu partout dans le monde se soutenaient. Contacté par le FLN, comme la plupart des footballeurs d'origine algérienne évoluant en métropole, Mustapha Zitouni avait choisi d'abandonner ses ambitions en équipe de France et de quitter de nuit Monaco pour rejoindre la direction du mouvement clandestin à Tunis. C'était une valeur sûre de l'équipe de France. Il devait, faire partie de la sélection française pour la Coupe du monde 1958, disputée en Suède. Sa défection, en compagnie de celles d'autres internationaux français comme Rachid Mekhloufi ou Abdelaziz Bentifour, provoquera une tempête dans l'opinion française et contribua à médiatiser le conflit algérien, but ouvertement recherché par la direction du FLN. Pendant quatre ans, Mustapha Zitouni a vécu l'épopée de cette équipe nationale non reconnue par la Fédération internationale de football (FIFA), qui disputa plus de 80 matchs de propagande pour la cause algérienne dans le monde entier. Mustapha Zitouni a porté, de 1958 à 1964, près de 100 fois le maillot de l'équipe d'Algérie (5).
Que dire en définitive? Nous devons inventer un nouveau 1er Novembre aussi important que le 1er Novembre 1954. Ce sera un nouveau 1er Novembre basé sur l'intelligence seule ceinture de sécurité qui nous permettra d'avoir une visibilité à l'échelle du monde. Pour cela, l'économie de la connaissance est le graal qu'il faut atteindre pour justement être fidèle au combat épique du peuple algérien pendant la nuit coloniale.

1.http://www.chouf-chouf.com/histoire/les-blouses-blanches-dans-la-revolution-algerienne/
2. Ahmed Cheniki http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/11/01/article.php?sid = 140953&cid=16
3.Chems Eddine Chitour http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_ professeur_chitour/208505-un-destin-pour-les-bonnes-causes.html
4.Thomas Sotinel: Mort de René Vautier, cinéaste combattant Le Monde.fr 04.01.2015
5.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/187583-l-algerie-des-valeurs-en-deuil.htm

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