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Industrie de la tomate

Une crise qui perdure

2500 agriculteurs ont abandonné la filière de la tomate industrielle.

La Confédération algérienne du patronat (CAP) a tenu, hier, une rencontre de travail avec la Section nationale des conserveries et de la transformation des produits agricoles (Snctpa) pour débattre des problèmes qui pèsent sur cette filière de l’industrie de la tomate.
La Confédération estime que l’ensemble de ce secteur d’activité économique, est «affecté grandement par une accumulation de difficultés». Dans un communiqué résumant les travaux de cette rencontre, la CAP et la Snctpa, dont les présidents Boualem M’rakach et Mohamed Moncef Zaim, ont dirigé les débats, il est stipulé qu’un rapport établi par les cercles de production, la Confédération dresse un constat «inquiétant» de cette filière. Le document note que «12.000 familles se retrouvent dans la précarité à cause des problèmes auxquels font face les entreprises de l’industrie agroalimentaire en général et celles de la tomate industrielle en particulier ».
La Confédération regrette, par ailleurs, que «2.500 agriculteurs ont abandonné la culture de la tomate industrielle, faute d’unités de transformation installées en plus de celles qui sont à l’arrêt et dont les potentialités de production sont estimées à 60 000 tonnes de concentré de tomate».
Cette quantité pourrait à elle seule satisfaire 70% des besoins nationaux en tomate industrielle, d’après l’organisation patronale CAP. Il faut savoir que «la relance de la filière est une priorité qui passe par un engagement sincère pour organiser la filière et augmenter ses capacités productives», conclut le communiqué.
Ainsi, pas moins de 1 500 emplois sont perdus dans la filière de transformation de la tomate industrielle en Algérie selon un professionnel du secteur qui a relevé qu’une douzaine d’entreprises sont fermées sur les 17 existantes. Dans un entretien récent avec un confrère, cet opérateur lance un appel urgent au gouvernement en vue de «rouvrir et relancer les unités de transformation de la tomate en Algérie». D’autres encore risquent de fermer, a-t-il prévenu. Même les banques ne veulent plus accorder de crédits aux transformateurs, car elles estiment que ce secteur n’est plus rentable. Et pourtant, regrette ce transformateur locuteur, la capacité de production du concentré de tomate en Algérie est de 160 000 tonnes par an. Non seulement les besoins de la consommation nationale, qui sont de 70 000 t/an, peuvent être satisfaits, mais il est possible d’exporter le double concentré de tomate et même le triple concentré vers d’autres pays. Un soutien de l’Etat est fort souhaité par ce transformateur qui rappelle que les agriculteurs bénéficient d’une prime de 1,5 DA le kg de tomate produit et de 10 000 à 16 000 DA à l’hectare. Cette prime, qui est qualifiée de «faible» est conditionnée. Elle exige la possession d’une carte professionnelle, mais aussi que l’agriculteur réalise une récolte de 300 quintaux à l’hectare. Ce qui est une chose difficile à concrétiser. D’autres agriculteurs n’ont pas de carte, car ils ont loué des terres pour travailler. Ils ne peuvent donc de cette manière obtenir de carte de fellah, regrette-t-il. Pénalisés par les mauvaises conditions climatiques, la plupart des agriculteurs ne disposent pas de moyens d’irrigation comme le goutte-à-goutte. Ce qui a des répercussions négatives sur les rendements, a-t-il regretté. Quant aux transformateurs, ils n’ouvrent pas droit à la prime de transformation qui est de un dinar par kilogramme car ils ont acheté la production auprès des agriculteurs qui ne possèdent pas de carte de fellah. «C’est un cercle vicieux ! » a-t-il dit. Face à cet ensemble de contraintes, beaucoup d’agriculteurs ont abandonné la filière, alors que le peu d’unités de transformation encore en exercice risquent de fermer dans les prochains mois », a-t-il prévenu.
La filière est également pénalisée par l’importation de Chine du triple concentré. Transformé en double concentré et commercialisé à bas prix, «ce produit chinois, de moindre qualité, porte un fort préjudice à la production algérienne», a noté le transformateur. 90 % des unités de transformation de la tomate industrielle se situent à l’Est de l’Algérie, notamment dans les wilayas de Guelma, Skikda, El Tarf et Annaba.

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