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Saïd Salhi, vice-président de la Laddh, à L’Expression

«Nous avons dégagé un compromis minimal»

La conférence nationale de la société civile qui se tiendra aujourd’hui est un grand pas pour les différentes composantes du collectif de dynamiques qui ont réussi à fusionner leurs points de vue et rassembler leurs propositions dans une feuille de route consensuelle. Le vice-président de la Laddh, Saïd Salhi, développe dans cet entretien le contenu de cette plate-forme, les attentes et les appréhensions du collectif. Ecoutons-le.

L’Expression : La conférence nationale de la société civile se tiendra aujourd’hui, quel en est exactement l’ordre du jour ?
Saïd Salhi : La conférence d’aujourd’hui est tout d’abord un aboutissement d’un long travail entre les dynamiques de la société civile qui ont commencé à travailler juste après le déclenchement du mouvement populaire le 22 février dernier. On avait, dès le départ, un seul objectif, à savoir arrêter une feuille de route consensuelle pour une sortie de crise. Aujourd’hui, plus de 70 organisations dont des syndicats et des associations de tous bords se réunissent pour adopter cette feuille de route qui a fait l’objet de plusieurs concertations. Cette feuille de route présente une vision commune sur les moyens et les mécanismes de sortie de crise. Je tiens à préciser que pendant trois mois, nous avons mis en relief tous les points sensibles et tous les aspects idéologiques et identitaires.

Vous avez trouvé des difficultés pour vous mettre d’accord, peut-on connaître les points de divergence entre les trois dynamiques qui composent le collectif ?
Tout à fait. Il faut reconnaître que ça n’a pas été facile pour nous de se mettre d’accord sur les points essentiels. Le collectif regroupe des syndicats, des associations, des hommes de droit, des religieux, ce qui explique la difficulté d’unifier les avis. Chacun d’entre nous avait ses propres convictions et ses points de vue, il fallait donc multiplier les rencontres pour arriver à des jonctions d’idées et des propositions autour de la période de transition et sa gestion, de l’Assemblée constituante, de la révision du cadre législatif, des élections, du dialogue. Comme tout, compromis, on ne peut pas s’entendre sur tout il y a forcément des points de différence, cela dit, nous avons réussi à passer le cap et arracher un compromis minimal.

Pouvez-vous nous donner des détails? Autrement dit, quels sont les points communs?
Au sein du collectif, tout le monde est d’accord pour la rupture avec le pouvoir actuel, la transition démocratique pacifique, un gouvernement de transition avec de nouveaux visages et surtout des compétences appréciées par le peuple et la désignation d’une instance indépendante d’organisation et de surveillance des élections. Pour ce qui est de la Constituante ou l’élection, nous pensons que c’est peuple de choisir l’option qui lui convient. Pour la période de transition, nous sommes tous favorables à une durée pas longue qui s’étalera sur une année sans faire dans la précipitation bien évidemment.

Après cette conférence, quelle sera la prochaine étape?
Après la conférence d’aujourd’hui, nous allons élargir le débat au sein de la société civile. On veut surtout l’élargir aux différents collectifs qui émergent au sein du Hirak. Nous considérons que c’est très important que toutes les forces vives soient représentées pour arriver à un projet consensuel. Nous allons même nous adresser aux partis politiques qui tentent actuellement de dégager un consensus entre eux. Je pense qu’il va y avoir des jonctions pour aller vers une vision consensuelle autour du règlement de la crise.

Pour vous, une période de transition est indispensable, mais le pouvoir rejette cette démarche, deux visions diamétralement opposées, peut-on parler de dialogue ?
On ne peut pas aller vers un dialogue au moment où les arrestations se poursuivent contre les activistes et la pression est maintenue sur les manifestants. Il y a un climat de verrouillage qui étouffe les libertés d’expression, de rassemblement. On continue à boucler les accès à la capitale chaque vendredi comme on interdit tout regroupement. L’exemple est là, pour notre conférence nous n’avons toujours pas eu d’autorisation de la wilaya d’Alger, nous avons proposé plusieurs endroits mais en vain. Donc, si on veut réellement lancer un dialogue, le pouvoir doit donner des gages et faire signe de bonne volonté. Sans des préalables, nous ne pouvons pas aller au dialogue, ainsi la balle est dans le camp du pouvoir.

Quelles sont vos attentes et vos appréhensions ?
Notre souhait est que cette feuille de route soit débattue largement par la société civile et nous souhaitons quelle soit adoptée par le Hirak. Nous n’avons pas la prétention de représenter le mouvement populaire loin de là. Nous essayons de traduire les revendications de la rue en une plate-forme de proposition pour une sortie de crise en avançant les moyens et le mécanisme légal et légitime pour sortir de cette impasse et le dernier mot revient évidemment à la rue. Ce qui nous fait peur par contre est que le pouvoir en place n’a pas encore affiché sa volonté d’accompagner le processus réclamé par la rue.
Nous voulons un dialogue sérieux qui ne sera pas conditionné par une échéance ou agenda.

Dernier mot
Nous sommes conscients que le consensus est le chemin le plus difficile à prendre, nous sommes conscients aussi de la difficulté de notre mission, mais il faut un début à tout. Le chemin est certes long, mais rien n’est impossible pour restituer le pouvoir au peuple. Pour la première fois, le peuple algérien se retrouve uni et le système divisé. Je pense que c’est la revanche de l’Histoire tout simplement.

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