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UNE GRANDE MANIFESTATION EST PRÉVUE AUJOURD'HUI EN ISRAËL

La contestation sociale espère réunir une «masse critique»

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Les organisateurs de la contestation en Israël espèrent rassembler une «masse critique» de manifestants aujourd'hui, pour forcer le gouvernement de droite à céder sur ses revendications de «justice sociale».

«Nous espérons atteindre une masse critique de plus de 200.000 manifestants pour obliger le gouvernement à changer radicalement de politique sociale», a déclaré à l'AFP, une représentante du mouvement, Hadas Kushlevitch. Cette étudiante a accusé le Premier ministre, Benjamin Netanyahu «à chercher à noyer le poisson par sa proposition d'examiner durant de long mois le bien-fondé des revendications». Un autre représentant du mouvement, Uri Metuki, ne cache pas que «la lutte sera longue, vu qu'il s'agit de changer ni plus ni moins tout un système qui privilégie les intérêts individuels au détriment de l'intérêt collectif». Mais il n'envisage pas un essoufflement, vu le «soutien au mouvement d'une très large partie de la population qui n'est pas prête à renoncer à ses revendications». Il considère que «Netanyahu est cynique quand il affirme soutenir certaines demandes, alors qu'il veut les étouffer». Déclenché à la mi-juillet contre la hausse effrénée du prix des logements, le mouvement s'en prend à présent à la politique de privatisations à outrance des différents gouvernements qui se sont succédé en Israël depuis plusieurs décennies et dénonce la dégradation du service public. Il n'a pas pris officiellement position sur la poursuite de la colonisation, de crainte notamment de se couper de la majorité de la population juive qui vote à droite et lui est favorable. Mais à titre individuel, des manifestants ne se font pas défaut de critiquer la construction des implantations en Cisjordanie occupée, ne serait ce que son impact financier, alors que ces sommes pourraient être allouées à la construction de logements bon marché en Israël. Par ailleurs, ce mouvement-citoyen, auquel participe des Arabes israéliens, qui se plaignent de discriminations, réclame la justice sociale pour tous et ne présente aucune revendication à caractère ethnique ou religieux. Samedi dernier, plus de 100.000 manifestants avaient défilé aux cris de «le peuple exige la justice sociale» à Tel-Aviv et dans plusieurs autres villes israéliennes. Le mouvement a reçu jeudi le soutien de plusieurs milliers de travailleurs qui se sont rassemblés devant les locaux de la centrale syndicale Histadrout à Tel-Aviv. Les manifestants ont brandi des pancartes avec l'inscription: «les travailleurs avec la contestation» et ont entendu le secrétaire général de la centrale, Ofer Eini, promettre son soutien au mouvement. Selon Mme Stav Shafir, une autre représentante des protestataires l'adoption mercredi par le Parlement «n'a fait qu'aggraver les choses et ne peut que motiver les gens» à venir protester. Ce texte vise à mettre à la disposition de particuliers des terres domaniales, ce qui devrait, selon le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, augmenter l'offre et faire ainsi baisser les prix. Les dirigeants du mouvement de contestation estiment en revanche que cette loi ne permettra pas de proposer des logements à des prix abordables et profitera surtout aux entrepreneurs tout en portant atteinte à l'environnement. M.Netanyahu a nommé une commission censée ouvrir des négociations avec les dirigeants du mouvement de contestation, justifiant certaines de leurs demandes tout en les accusant de «verser dans le populisme». Pour le quotidien gratuit Israël Hayom, proche du Premier ministre, «la protestation est à la croisée des chemins» et les manifestions prévues aujourd'hui à Tel-Aviv et Jérusalem-Ouest vont constituer un test décisif pour son avenir.

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