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Vol en bande «désorganisée»

Le mode de méfait est aussi vieux que le monde. Le vol en bande organisée est effectivement souvent solide et juteux.

Déjà le vol en lui-même est un fait puni de tout temps et par tous les régimes du monde.
De Washington à Berlin, en passant par Moscou et Pékin, Damas à Rabat ainsi qu’à Alger, Téhéran et Kaboul ! Et comme Alger est cosmopolite, elle connaît ses brigands, ses bandits, ses loubards, ses voleurs, ses forbans et tout le reste de touche-à-tout.
L’affaire d’aujourd’hui va nous faire découvrir un genre de malfaiteurs qui ont tout prévu, pour un cambriolage par le... ciel, i.e. via le vieux faux plafond d’un hangar datant de la période coloniale et qui a tendance à disparaître, un à un, dans toute la capitale, notamment à Hussein-Dey.
L’opération a demandé de la réflexion, du temps, beaucoup de temps pour réussir le méfait sans encombre, enfin c’est ce que crurent les jeunes voleurs qui commettront la bêtise qu’il ne fallait pas : l’un d’eux portait un habit connu de tous les habitants du quartier et de la police « l’habit indien ».
Le propriétaire n’en reviendra pas surtout que les bandits connaissent les lieux pour l’un d’entre eux qui y a bossé une année durant.
La victime aura beau se fixer sur le coup, il n’y comprendra rien. Les policiers ont réussi le coup de filet grâce aux indices fournis par un voisin lève-tôt pour rejoindre la mosquée. A la barre, Didou, Nounour et l’Indien, sont muets. Ils ne réalisent pas leur rapide interpellation. Leur jeune âge leur a joué un mauvais tour. Eux qui avaient prévu dans les moindres détails toute l’opération, pris comme des rats, à cause d’un pardessus « fantaisie », par la présence de plumes à l’indienne que portait... l’inculpé dit « l’Indien ». Lorsqu’il se mit à table en répondant à toutes les questions de Noureddine Khemissi, le jeune président de la section correctionnelle du tribunal d’El Harrach (cour d’ Alger), la victime était dans un état second. Il n’avait vu cela qu’au cinoche. Il faut dire que le citoyen se mélange les pédales lorsqu’il est victime et ne sait même plus parler à la barre tant le trac pèse sur ses frêles épaules.
La victime est d’abord celle de l’ignorance des lois. A l’issue de la lecture d’un verdict lu publiquement, elle n’est généralement pas là, sur place pour crier « vive la justice » lorsqu’elle obtient réparation. Jusqu’à présent, ce sont les victimes qui ont été déboutées qui font un boucan criant sur tous les toits qu’il n’y a pas de justice, qu’il y a eu magouille, manipulation, piston, connaissance etc. Il ne manquera plus alors qu’à crier, et pourquoi pas, au complot ourdi par une puissance étrangère. C’est ça aussi, une des nombreuses facettes de notre justice, une justice malmenée quoi que l’on fasse et que l’on dise.
Le deuxième inculpé a des comptes à rendre à la justice. Il a su à la barre qu’un individu condamné par défaut à une peine de prison assortie d’un mandat d’arrêt se doit, dès qu’il a eu vent de l’info, se rendre au tribunal même sans avocat et de préférence, si, en vue de vider le mandat d’arrêt et d’attendre de passer au jugement dans les délais que prévoit la loi. Il aura ainsi fait opposition et ce n’est pas évident qu’elle soit acceptée par le tribunal. Lui, il n’a pas fait ! Il l’a appris à ses dépens. Il avouera, lui aussi, sans résistance et malgré l’absence d’avocats. Le juge demanda à l’inculpé s’il avait eu des remords.
La réponse fut rapide et sans ponctuation : « Plus que cela, monsieur le président, j’ai la chair de poule rien que de penser à la réunion de la veille de notre passage à l’acte».
Le dernier inculpé ne posera lui aussi aucun problème. Jeune délinquant, ignorant tout des méfaits, il a vite regretté d’avoir mis le doigt dans l’engrenage ! Les trois jeunes égarés ont su tirer leur épingle du jeu. Sans le savoir, ils ont certainement gagné le bénéfice des circonstances atténuantes, surtout qu’ils en sont à leur première bêtise. Mais ils vont tout de même répondre de leurs actes en étant sous la menace de l’article 350 du Code pénal et qui dispose dans le chapitre III de la Section 1 / Vols et extorsions. Article350 (loi n° 06-23 du 26 décembre 2006) : «Quiconque soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas est coupable de vol et puni d’un emprisonnement d’ un an à 5 ans et d’ une amende de 100 000 DA 500 000 DA.
La même peine est applicable à la soustraction frauduleuse d’eau, de gaz et d’électricité.
Le coupable peut en outre être frappé pour un an au moins et 5 ans au plus de l’interdiction de séjour dans les conditions prévues aux articles 12 et 13 de la présente loi.
La tentative du délit prévue à l’alinéa précédent est punie des mêmes peines que l’ infraction consommée.»
Le juge Khemissi comprit dès lors ce qui lui restait à faire. Prendre son temps avant de décider du sort de ces jeunes égarés.

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